La Porte Horloge

Elle est emblématique de notre cité, elle est le centre de notre ville et d’où qu’on vienne, c’est à elle qu’on arrive.
C’est le premier symbole de notre réseau.


Historique

A l’origine, c’est l’entrée principale de la cité fortifiée. L’enceinte, aux murailles épaisses de 2 mètres et d’un développement de 700 mètres environ, ainsi que ses 12 tours (6 servent de défense aux 3 anciennes portes) ont été édifiées au XIIIe siècle (règnes de Saint-Louis et de Philippe Le Bel).

Cette porte Gastinel ou Saint-Thomas, flanquée de deux puissantes tours jumelles, présente un exemple complet de l’architecture militaire du Moyen Age ; avec ses vestiges d’un système de défense important : pont-levis enjambant autrefois un fossé ou douve d’une largeur d’environ 7 mètres et d’une profondeur de 5 mètres, herse, porte inférieure, mâchicoulis, meurtrières, etc.

La base de l’ensemble de granit est bâtie à 176,57 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Sans doute sur les directives de Louis XI, les Virois, en 1480, surmontent la tour quadrilatère, élevée au-dessus de la porte et servant se poste de guet, d’un campanile formé d’une coupole de pierre, portée par de gracieuses colonnettes. La hauteur de l’édifice atteint 33 mètres. Cet exhaussement permet l’installation d’une horloge publique. La tour qui forme le Beffroi (le seul de Normandie) s’appellera désormais la Porte-Horloge.

L’exhaussement de la tour pou recevoir l’horloge se situe vers 1483. Le mouvement de l’horloge primitive, avec son balancier et ses poids en pierre, devait être fort simple, mais de construction solide. Sa pose fut assez rapidement faite, puisque la cloche destinée à sonner les heures, détruite en 1944, fut donnée par le Procureur de la ville et fondue par un Sieur GUILBERT en 1499. Elle pesait 1 300 kgs et se trouvait être l’une des plus anciennes cloches de France.

Cette horloge primitive, réparée à maintes reprises par le remplacement de presque toutes ses pièces, dura néanmoins jusqu’au mois de juin 1852. Son exactitude laissait en effet trop à désirer, car elle avançait ou retardait d’une heure par jour, selon ses caprices.

Une nouvelle horloge fut alors commandée par la Ville à un Sieur GOURDIN, qui en effectua la pose ; elle fut mise en marche le 11 juillet 1852.

C’est alors que deux nouvelles cloches, d’un poids total de 300 kgs, destinées à sonner les quarts, furent fondues par BEAUPLANT & HAVARD de VILLEDIEU-LES-POELES, pour remplacer deux anciennes jugées trop faibles, qui avaient été offertes à la citgé en 1608 et 1684.

Les deux cloches de quarts ont survécu au bombardement et ont repris leur place. Une horloge nouvelle et une cloche des heures (moins puissante que l’ancienne, puisqu’elle ne pèse que 500 kgs) ont été placées en juillet 1957.

Au-dessus de l’ogive de la porte (hauteur : 3,87 m, largeur : 2,70 m) les armes de VIRE, surmontées de l’inscription « MARIE PROTEGE LA VILLE ». Une niche abrite, depuis octobre 1957, une vierge en bois sculpté, de la fin du XVIème siècle, offerte par les religieuses Augustines avant leur départ de l’hôpital de VIRE, en remplacement d’une statue plus ancienne.

En juin 1944, la Porte-Horloge est gravement mutilée par les bombardements. Magnifiquement restaurée par les Services des Beaux-Arts, elle a été dégagée des maisons qui l’enserraient de toutes parts, et le vieux Beffroi, témoin de tous les évènements de l’histoire de la cité domine fièrement la Place du 6 Juin.

Le visiteur parvenu à son sommet par des escaliers à vis, découvrira un admirable panorama sur le Bocage Virois, les Vaux de VIRE, le relais de télévision du Mont-Pinçon. Il pourra reconstituer aisément le tracé de la ville au Moyen Age, grâce à la présence des anciennes tours de l’enceinte, restaurées, debout malgré les ans. Il dominera la belle église Notre-Dame (XIIème et XVIème siècles) classée Monument Historique, dont le chœur aurait été élevé par le Maître d’œuvre du Mont Sain-Michel et le donjon (XIIème siècle, Monument Historique) ruine de l’ancien château-fort bâti sur l’éperon rocheux, cerné par la Vire, et berceau de la cité (tableau des monuments du passé avec le plan illustré sous la voûte).

Dans le rez-de-chaussée de la tour sud, un mémorial perpétue depuis le 6 juin 1960, le souvenir de 500 Virois, pour la plupart victimes civiles, morts au cours de la guerre 1939-1945.